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Journal de Marche et d'opérations du 34e Régiment d’Infanterie Coloniale(2 août 1914 – 1er avril 1919)

Régiment de réserve du 4ème Colonial, le 34ème Régiment est constitué à Toulon, le 2 août 1914. Formé à deux bataillons aux ordres du Lt-Colonel MOREL, le Régiment qui comprend une très forte proportion d’officiers et d’hommes de troupe de l’armée active, se concentre à Antibes où il s’embarque le 21 août ; débarqué à St-Mihiel le 23, il va se trouver presque immédiatement au contact de l’ennemi.
La guerre de mouvement fait rapidement place à la guerre de tranchées et pendant lesb années 1914 et 1915, le 34e Colonial combat dans les difficiles secteurs de St-Mihiel et dub Bois le Prêtre. Puis, comme tant d’autres corps, le Régiment a l’espoir de reprendre la guerre bde mouvement après les attaques de septembre 1915, en Champagne et d’août 1916 sur lab Somme, mais il doit encore rester l’arme au pied, le front ne peut être rompu.
La désignation du 34e Colonial pour l’Armée d’Orient, marque un arrêt de quelques
mois dans l’histoire glorieuse du Régiment, mais, en quittant la France, le 34e Colonial peut nêtre fier de la part qui lui revient dans le succès de nos armes au cours de deux années de lutte sur le front français. Le Régiment passe les années 1917 et 1918 dans les secteurs de la Cerna et de Monastir ; il fait là de longs séjours au tranchées ; séjours coupés de dures journées d’attaque où il doit acheter cher le succès.
Ceux qui ont fait la campagne à l’Armée d’Orient, peuvent, seuls, comprendre ce
qu’un séjour de deux ans sur le front de Macédoine représente de fatigues, de souffrances et de privations.
La récompense de tant d’efforts arrive enfin et le 34e Colonial, qui ne peut en octobre 1918, assister à la débâcle de l’armée allemande sur le front français, a, du moins, la satisfaction de faire reculer le bulgare pied à pied, puis de le bousculer et enfin de le forcer à une retraite générale sur tout le front.
La capitulation sans conditions qui est le résultat de l’offensive des troupes Alliées en Orient, fait participer le 34e Colonial à l’occupation des territoires reconquis et au désarmement de l’ennemi battu.
Le séjour du Régiment en Orient dure jusqu’au 1er avril 1919 date de sa dissolution.
On ne peut jeter un coup d’œil d’ensemble sur le rôle glorieux du 34e Colonial au
cours de la campagne, sans évoquer les lourds sacrifices qui sont la rançon de ses succès.
Quatre années de guerre ont coûté à un Régiment qui n’a jamais eu plus de deux
bataillons, 128 Officiers, et 4.632 Hommes de troupe tués, blessés ou disparus.
Plus de 700 tombes, marquent sur les différents champs de bataille de France et de Macédoine, les dures étapes du 34e Colonial, saluons respectueusement la mémoire de ceux qui sont tombés avant d’avoir eu la joie de voir luire l’aurore de la paix glorieuse que leur sacrifice nous a donnée.


CHAPITRE PREMIER

LA GUERRE DE MOUVEMENT
Combat de Bauzée-sur-Aire

Le 34e Colonial qui forme avec les 311e et 312e Régiments de ligne la 129e Brigade de réserve, participe jusqu’au 1er juin 1915 à toutes les opérations où se trouve engagée la 65e Division de réserve.
Le Régiment quitte St-Mihiel le 24 août et stationne du 25 au 30 dans la région Creuë,Heudicourt Nonsard (15 km. N. E. de Saint-Mihiel) une patrouille allemande est signalée devant son front dans l’après-midi du 27. Mais des forces ennemies importantes ayant été signalées dans la région Cosenvoye, Crépion, (20 km. Nord de Verdun), la 129e Brigade, colonne de gauche de la division, reçoit l’ordre de seporter devant Douaumont, par Dugny et Verdun.
Le 34e Colonial arrière garde de la Brigade bivouaque le 30 août à Bras et Fleury. Le 31 août, le régiment réserve de Division prend position à la Côte du Poivre, le 1er septembre installé à Beaumont, il protège le repli des 311e et 312e Régiments ; un tir d’artillerie lourde allemande sur Beaumont lui inflige ses premières pertes ( 1 tué et 2 blessés).
Le 34e Colonial bivouaque le 2 à Charny, où il s’embarque en chemin de fer le 3,
débarqué à Banoncourt il cantonne le 3 au soir à Vigneulles et Hattonchatel (quelques km. Au Nord de sa zone de stationnement du 25 au 30 août). Ses avant-postes sur la ligne Saint-Maurice-Billy, signalent dans la journée du 5 une patrouille allemande.
Le 5 septembre, le 34e Colonial régiment de gauche de la 65e Division reçoit l’ordre de se porter à Han-sur-Meuse où il cantonne. Il participe le 6 au mouvement général de la Division et passant par Pierrefitte et Chaumont-sur-Aire, prend position à 17 heures dans le ravin situé à la lisière Est du Bois Chanel (4 km. N.E. de Chaumont-sur-Aire) où il bivouaque; l’ennemi est en position à Beauzée-sur-Aire.
Le 7 septembre à huit heures le Régiment reçoit l’ordre d’attaquer : 1e objectif –
Beauzée-sur-Aire ; 2e objectif – la Côte 264 au nord de Beauzée. Le 312e à droite doit marcher sur Beauzée par les crêtes au nord d’Amblaincourt.
A 8h.30, le 34e Colonial débouche du Bois Chanel, le 1er Bataillon est en tête, le 2e Bataillon le suit, utilisant les mêmes passages. Le 1er Bataillon se déploie à la crête de la croupe S. O. de Beauzée, mais ne peut progresser au-delà de la route Beauzée-Erize. Le 2e Bataillon se déploie à droite du 1er et légèrement en retrait. Toute progression est désormais impossible et jusqu’à 15h.30 le régiment reste sous le feu des batteries allemandes ainsi que des mitrailleuses et des tirailleurs cachés dans des tranchées devant Beauzée.
Le Lt-Colonel MOREL avait été tué dès le début de l’action et le Commandant THAL
vers 14 heures.
L’ordre arrive de se replier sur Courcelles où le Régiment au commandement du
Capitaine HUGON reçoit l’ordre d’aller établir des tranchées à l’est d’Issoncourt. Cette journée nous coûtait 20 officiers tués ou blessés et 619 hommes tués, blessés ou disparus.
Le 8 septembre, les unités de première ligne de la Division occupent la ligne
Séraucourt, Bois Blandin, Bois Chenel, Bois Landlut et le 34e Colonial prépare à Issoncourt une position de repli pour la Division. Dans la nuit du 8 au 9, les Allemands attaquent Séraucourt et le bois Landlut qui un instant occupé, est aussitôt nettoyé par une contreattaque.
Le Régiment n’a pas à intervenir ; il cantonne le 10 à Neuville-en-Verdunois où il
reste jusqu’au 11 avec un bataillon aux avant-postes au Nord de Neuville.
Le 34e Colonial gagne Récourt le 13 septembre et quitte cette localité le lendemain pour aller stationner du 15 au 19 d’abord dans la région Braquis, Manheulles, puis dans la région Haudiomont, Villers-sur-Beauchamps. Le 19, le Régiment reçoit l’ordre d’aller cantonner à Fleury devant Douaumont. Il prend le 20 les avant-postes devant Flabas aux lisières Ouest et Nord du bois de Caures, retiré de la ligne le 24, il s’embarque en chemin de fer à Verdun pour débarquer le même jour à Villers-sur- Meuse.

CHAPITRE II
DEVANT SAINT-MIHIEL
Les attaques de Chauvoncourt.
Le secteur des Hautes-Charrières.

Débarqué le 24 septembre à midi à Villers-sur-Meuse, le 34e Colonial aux ordres du Commandant SOUBIRAN, se dirige sur Thillombois où il cantonne.
Le régiment se porte le 25 à Lahaymeix qu’il quitte à 14 heures en formant l’avantgarde de la 129e Brigade ; il s’arrête dans la grande tranchée du bois des Paroches et bivouaque ensuite à la lisière Est du bois des Hautes-Charrières.
Le 26 septembre, à 4h.30, le 34e Colonial reçoit l’ordre d’attaquer les casernes de
Chauvoncourt, il est encadré à droite par la 75e Division, à gauche par le 311e Régiment de ligne.
Le Bataillon de tête aux ordres du Capitaine HUGON se trouve à 5 heures au
croisement de la route de Bar-le-Duc et de la route des Paroches, profitant d’un épais brouillard, il va de l’avant et se trouve au lever du jour à 100 mètres des casernes. Il est immédiatement pris sous le feu des mitrailleuses dont les fenêtres des casernes sont garnies,toute progression est impossible ; le Bataillon est dans cette situation jusqu’à midi. Le Bataillon de soutien se replie à 11 heures, le Bataillon de tête commence le même mouvement vers midi et s’établit à la lisière Est du bois des Hautes-Charrières. Le Régiment reçoit à 18h.30 l’ordre d’aller cantonner à Herbauchamp. Cette journée nous coûte 10 Officiers et 329 Hommes, tués, blessés ou disparus.
Du 27 au 29 septembre, le 34e Colonial est en réserve en vue d’une attaque de la côte Sainte-Marie, contrordre est donné le 29, les 2 Bataillons du Régiment sont fondus en un seul et le Régiment va cantonner à Thillombois.
Jusqu’au 15 novembre, le 34e Colonial occupe le secteur du bois des Paroches et fait aux avant-postes des séjours coupés de repos pris au village de Lahaymex.
Le 16 octobre, le Régiment est reformé à 2 bataillons de 3 compagnies, le 28 octobre, le Commandant BERNARD prend le commandement du Régiment dont un bataillon occupe le bois des Paroches et l’autre le village des Paroches.
Le 14 novembre, le 34e Colonial a un bataillon à Lahaymeix et un bataillon au bois de Dompcevrin, il reçoit le 15 l’ordre de participer à une deuxième attaque des casernes de Chauvoncourt qui doit avoir lieu le lendemain.
L’attaque commence le 16 et un bataillon du 312e s’empare du Pentagone (Infirmerie) qu’il est forcé d’évacuer vers 22 heures, ses compagnies ayant été repoussées de chambre en chambre à coups de grenades à main. Le 1er Bataillon du 34e Colonial occupe le 16 au soir les tranchées de gauche du secteur d’attaque de la brigade. Le 17 à 9 heures, ce bataillon renforcé de deux compagnies du 312e prononce une attaque sur la maison de tolérance ; l’attaque est arrêtée par le repli d’une compagnie du 312e privée de ses officiers, reprise vers onze heures l’attaque est de nouveau arrêtée par une très violente fusillade. Pendant la nuit du 17 au 18 la droite du secteur d’attaque de la Brigade passe aux ordres du Commandant ROUSSEAU dont le bataillon occupe la première ligne.
Le 18, à 3 heures, le bataillon ROUSSEAU renforcé d’une compagnie du 1er Bataillon attaque le Pentagone qui est repris à la baïonnette, mais de 6 heures à 10h.30, le Pentagone est soumis à un bombardement intense d’obusiers allemands de gros calibre, les cinq compagnies d’attaque sont ensevelies sous les ruines. Le Régiment relevé le soir même va cantonner à Lahaymeix. Le 34e Colonial perd dans cette affaire 10 officiers et 400 hommes.
Sa vaillante conduite au Pentagone vaut quelques jours après au bataillon
ROUSSEAU la citation suivante à l’ordre de la IIIe Armée : « Après s’être particulièrement distingué dans les attaques des 7 et 26 septembre, a su se sacrifier le 17 novembre, pour tenir la position confiée à sa garde ».
Le Régiment réduit à 6 compagnies quitte le 27 le village de Thillombois où il était en réserve pour venir cantonner à Pierrefitte.
Le Lt-Colonel LANDOUZY prend le 28 novembre le commandement du régiment. Le 34e Colonial quitte Pierrefitte le 3 décembre et relève le 42e Colonial dans le secteur du bois des Hautes - Charrières ;à sa gauche , la 130e Brigade occupe les Paroches, à sa droite le 311e et le 312e tiennent le Malimbois.
Le Régiment reformé à huit compagnies et une section de mitrailleuses tient du 3
décembre 1914 au 4 juin 1915 le secteur assez calme des Hautes-Charrières, il vient au repos d’abord à Pierrefitte et Nicey, puis à Rupt et Fresnes au Mont. Le 34e Colonial est peu éprouvé pendant cette période, il perd en six mois de secteur 2 officiers et 36 hommes.
Le Régiment retiré des lignes le 3 juin est groupé le 4 à Eryze-St-Dizier, il s’embarque le 5 à Longeville et Nançois pour débarquer le même jour à Toul. Le 34e Colonial cantonne le 5 au soir à Dommartin sous Toul.

CHAPITRE III
AU BOIS LE PRÊTRE
Du 1er juillet au 20 septembre 1915

Le 34e Colonial qui a cantonné le 6 juin à Gricourt, près de Dieulouard reçoit le 7
l’ordre d’occuper la partie centrale du secteur de la 129e Brigade à Regnéville. Le Régiment a un bataillon en première ligne au Nord de Regnéville et un bataillon en réserve au fond des Quatre-Veaux, il reste en secteur jusqu’au 30 juin et ce séjour lui coûte 60 officiers et hommes de troupe, tués ou blessés.
Le 34e Colonial quitte le 30 juin la 65e Division pour entrer dans la constitution de la 16e Division Coloniale commandée par le Général BONNIER ; le Régiment forme avec le 35e Colonial, la 31e Brigade aux ordres du Général MICHARD.
Le 1er juillet, le 34e Colonial commence son séjour au Bois le Prêtre, par l’occupation du sous-secteur de l’Éperon à l’Est de Fey-en-Haye, le Régiment a un bataillon en première ligne et un bataillon en réserve aux abris de Joncfontaine dans la forêt de Puvenelle. Il se trouve dès son arrivée soumis à un bombardement très violent qui n’est que le prélude de l’attaque allemande du 4.
Le 3 juillet, le 2e bataillon (capitaine DEFONTAINE) tient la première position ; la
journée est particulièrement dure, le bombardement de la deuxième ligne est tel que celle-ci est évacuée et que sa garnison renforce la première ligne qua sa proximité des lignes allemandes préserve dans une certaine mesure des tirs d’artillerie lourde. Le bataillon a déjà perdu 130 hommes quand les fantassins ennemis sortent de leurs tranchées, le 4 au matin.
Pendant toute la journée du 4, dans une série de combats partiels, les éléments du 2e bataillon s’opposent à la marche en avant de l’ennemi ; de fréquentes contre-attaques à la baïonnette et à la grenade enrayent les progrès de l’adversaire sans toutefois l’empêcher de prendre pied dans nos tranchées où s’engage une terrible lutte à la grenade. Il en est de même au Sous-secteur du Quart en réserve à droite du Sous-secteur de l’Éperon. A 19 heures, le 2e Bataillon, qui a perdu 444 hommes et presque tous ses officiers, est relevé par le 1er Bataillon (Commandant HUGON), auquel sont adjointes deux compagnies du 36e Colonial venues en renfort dans l’après-midi.
Le Commandant du 1er Bataillon s’organise le 4 et le 5, et constitue, à hauteur du
Polygone, deux lignes de défense.
Le 6, à 0h.40, les Allemands attaquent les sous-secteurs de l’Eperon et du Quart en réserve ; ils sont repoussés et une contre-attaque fait gagner au 1er Bataillon 200 mètres de
tranchées.
Nous progressons encore quelque peu pendant la journée du 6, mais le manque de grenades ne permet pas de continuer.
Une attaque, montée pour le 7, est prévenue par une attaque allemande, à 11h.30, les Allemands attaquent en masse à la grenade nos premières lignes ; ils sont repoussés et leur retraite nous permet une légère avance, deux autres contre-attaques ont le même résultat.
Le 8, dans l’après-midi, une attaque simultanée du Bataillon du 34e Colonial et du
353e de ligne qui défend le sous-secteur du Quart en réserve, assure une liaison efficace entre les deux unités par la conquête d’un élément de tranchée que les Allemands occupaient toujours entre elles. En deux jours, le 1er Bataillon a résisté à toutes les attaques et repris à l’ennemi 700 mètres de tranchées au Nord du Polygone ; il est relevé dans la nuit du 8 au9 juillet et rejoint Villiers en Haye, le 2e Bataillon qui y était cantonné depuis le 5. La lutte, dans le sous-secteur de l’Éperon, a coûté au 34e Colonial : 11 officiers et 589 hommes tués, blessés ou disparus.
Du 9 au 14 juillet, le 1er Bataillon est en réserve à Joncfontaine , il tient du 14 au 20 juillet le sous-secteur du Carrefour et perd pendant son séjour en première ligne 121 hommes tués ou blessés ; pendant cette période, le 2e Bataillon se reconstitue à Saizerais, à l’aide des renforts venus de l’arrière.
Le 29 juillet, le 2e Bataillon occupe le sous-secteur de l’Usine (entre le secteur du
Polygone et le secteur du Carrefour).
Le 29 et le 30, le Bataillon est violemment bombardé, mais le déclenchement de nos barrages et de nos feux de mitrailleuses empêche toute sortie de fantassins ennemis.
Le 9 août, le 1er Bataillon occupe la deuxième position du sous-secteur de l’Usine,
sous-secteur de gauche du secteur de la 31e Brigade, qui occupe, en outre, le secteur du Carrefour et celui de la Croix des Carmes.
Dans chaque sous-secteur, un bataillon occupe la première ligne, le 2e Bataillon du régiment ayant deux compagnies sur la deuxième position et deux compagnies à Montauville.
Le 34e Colonial est relevé du 21 au 23 août ; il est rassemblé le 23 au soir, à Grand-Saizerais et Petit-Saizerais ; ce deuxième séjour au sous-secteur de l’Usine lui coûte 78 hommes tués ou blessés.
Le 31 août, la défense du Bois le Prêtre est confiée à la 16e Division Coloniale qui
relève la 73e Division.
La 31e Brigade tiendra le secteur de droite, le 34e Colonial renforcé de six sections territoriales et de trois sections de mitrailleuses de position, occupera le sous-secteur Haut de Rieupt-Vilcey.
En exécution d’une dépêche ministérielle en date du 12 août, les 1er et 2e Bataillons du 34e Colonial prennent les noms de 5e et 6e Bataillons du 34e Colonial.
Le 5e Bataillon occupe, le 1er septembre, la première position du sous-secteur de Haut de Rieupt ; le 6e Bataillon occupe le même jour celle du sous-secteur de Vilcey. Chaque Bataillon laisse une compagnie en réserve à Montauville.
Le secteur est calme et le Régiment qui le tient jusqu’au 20 septembre, perd 1 tué et 2 blessés.
Le 34e Colonial cantonne, après relève, le 20 au soir, à Liverdun. Le 22, Le Régiment
est transporté par chemin de fer de Liverdun à Sorcy (Meuse) ; il cantonne, le 22 au soir, à
Vacon et Void.

CHAPITRE IV

EN CHAMPAGNE
Du 29 septembre au 24 décembre 1915

Du 22 au 26 septembre, le 34e Colonial reste au repos dans la région Vacon Void, il s’embarque le 26 à la gare de Void et ses éléments sont dirigés par Gondrecourt et Revigny sur Sainte-Menehould, où le Régiment reçoit l’ordre d’aller bivouaquer près de Valmy. Le 34e Colonial bivouaque le 26 au soir dans les bois situés à l’ouest de la route de Valmy à Hans.
Le 27, le Régiment fait mouvement par camions automobiles, arrive à Somme-Suippe vers 20 heures et passe la nuit au bivouac au Nord de cette localité.
Le 28 septembre, la 31e Brigade reçoit l’ordre de se porter vers Perthes-lès-Hurlus, à 1.700 mètres au nord de la côte 203, le 34e Colonial bivouaque sous bois à l’ouest du chemin passant par le Trou Bricot.
Le 29, la 16e Division Coloniale relève en première ligne la 28e Division, la 31e
Brigade à la tranchée de Souain a deux régiments en première ligne (35e et 36e), de l’arbre 193 au Vie Corps, et un régiment en réserve, le 34e, au Camp d’Elberfeld.
Du 30 septembre au 6 octobre, le Régiment est en réserve derrière le 36e Colonial et prend part aux travaux d’installation de boyaux et e parallèles en vue de l’attaque projetée.
Pendant toute cette période, les unités doivent travailler, malgré les pertes sévères, sous un bombardement incessant d’obus de tous calibres dont beaucoup d’obus à gaz.
Le 6 octobre, à trois heures, le 34e Colonial toujours en réserve derrière le 36e, occupe les tranchées et parallèles établies les jours précédents.
Le 36e Colonial attaque à 5h.20, par vagues successives, son élan est brisé par des fils de fer non détruits et une fusillade intense provenant d’une nouvelle tranchée établie par l’ennemi derrière les réseaux. Le 34e suit, mais doit s’arrêter dans les parallèles établies par le 36e en arrière de nos premières lignes.
Le soir même, il relève le 36e qui a été très éprouvé au cours de cette dure journée.
Le 7 et le 8, les Commandants d’unités font faire devant leur front les patrouilles et
reconnaissances nécessaires et commencent l’organisation défensive du secteur.
Le 34e Colonial est relevé le 9 par le 22e de ligne et bivouaque au nord de la côte 204, le Régiment a perdu du 29 septembre au 9 octobre, à la tranchée de Souain : 11 officiers et 215 hommes tués ou blessés.
Le 10 octobre, le Régiment effectue des transports de matériel en première ligne, pour la 32e Brigade et la 28e Division métropolitaine.
Le 16 octobre, le 34e et le 36e Colonial viennent cantonner à St-Rémy-sur-Bussy ; le 18 octobre, le Chef de bataillon MERCIER, promu lieut.-colonel, est maintenu au 34e Colonial ; la 16e Division coloniale passe au 1er Corps d’Armée Colonial et reçoit l’ordre d’aller cantonner dans la région Verrières, Ante, Sivry-sur-Ante, la 31e Brigade est cantonnée à Verrières, où elle reste au repos jusqu’au 24 octobre.
Le 24 octobre, la 16e Division Coloniale reçoit l’ordre de relever la 151e Division
dans le secteur de Ville-sur-Tourbe, entre l’Aisne et l’ouest de l’ouvrage Pruneau (au Nord de Virginy et à l’est de Massiges) ; le 34e Colonial occupe le soussecteur ouest ; le P.C. du Colonel commandant le Régiment est installé à Ville-sur-Tourbe.
Le Régiment reste en secteur du 25 au 30 octobre et procède à l’organisation défensive du sous-secteur.
La 31e Brigade est relevée dans la nuit du 30 au 31 par la 32e Brigade ; le 34e
Colonial va cantonner à Chaudefontaine où il reste au repos jusqu’au 5 novembre.
En prévision de la relève de la 4e Brigade par la 31e, le Régiment quitte
Chaudefontaine le 6, et vient s’installer aux abris de la côte 202 (Sud de Massiges).
Après les reconnaissances nécessaires, le 5e Bataillon occupe le 8 ses positions en première ligne ; le 6e Bataillon occupe le 9 les positions de réserve qui lui sont assignées.
Le Régiment occupe, dans le secteur de Massiges, le soussecteur du Centre, entre le 35e et le 36e Colonial ; le P.C. du L.-Colonel est au bois de Valet.
Les travaux d’organisation du sous-secteur sont gênés par la pluie et un bombardement continu ; le Régiment, relevé le 17 par le 44e Colonial, bivouaque au vallon des Pins du 17 au 22 novembre.
Le 34e reprend le même secteur du 22 au 28 novembre ; il est relevé le 28 par le 44e dans les conditions habituelles et cantonne le 29 à Courtémont où il reste jusqu’au 5 décembre.
Le Régiment relève, le 5 décembre, le 38e Colonial dans le sous-secteur est du secteur de Massiges ; les deux Bataillons sont en première ligne ; le P.C. du Lt-Colonel est à l’Index.
Le 34e Colonial reste en secteur jusqu’au 12 décembre et prépare une attaque par gaz qui ne peut avoir lieu en raison de la pluie et des vents contraires.
Le Régiment cantonne le 13 au soir à Courtémont qu’il quitte le 18, pour relever dans la matinée le 44e Colonial dans le sous-secteur du Centre.
Le 34e Colonial qui a un bataillon en première ligne et un bataillon en réserve, reste en secteur jusqu’au 25 décembre.
Le 25, la 16e Division Coloniale est relevée par la 8e Division ; le Régiment cantonne le soir à Courtémont.
Les secteurs de Ville-sur-Tourbe et de Massiges ont coûté au 34e Colonial : 1 officier et 85 hommes tués ou blessés.
La 31e Brigade quitte Courtémont le 26, pour venir cantonner le 27 au soir, à Givryen-
Argonne où elle stationne jusqu’au 30 décembre.
Le 30 décembre, le 34e Colonial s’embarque à Givry-en-Argonne, et participe au
mouvement général de la 16e Division Coloniale qui est établie en cantonnement de repos le 31 décembre dans la région de Gournay-sur-Aronde.
Le 34e Colonial est cantonné à Hémévillers.

CHAPITRE IV

DANS LA SOMMEE
Du 16 février au 15 août 1916

Du 1er au 18 janvier, dans la région de Gournay-sur-Aronde, puis du 20 au 26 dans la région Le Quesnel, Aubry, Bricamp, Fresneau, le 34e Colonial se reforme ; l’instruction de détail est reprise dans toutes les unités et le Régiment exécute quelques manœuvres de bataillon et de régiment.
La 16e Division Coloniale stationne du 26 janvier au 15 février au Camp de
Crèvecoeur-le-Grand ; le 34e Colonial, cantonné à Blancfosse et Fléchy, participe à des manœuvres presque quotidiennes de brigade et de division ; et les officiers sont réunis dans de fréquents exercices de cadres, repris ensuite avecla troupe.
La 31e Brigade fait mouvement le 11 pour se porter dans la région d’Ailly-Noye où
elle stationne jusqu’au 15 février.
Le 16, les officiers du 34e Colonial font la reconnaissance du secteur de Framerville et le Régiment occupe, le 17, le soussecteur Madame avec un bataillon en première ligne et un bataillon en réserve à Framerville.
Le Régiment tient le secteur du Bois Madame du 16 février au 1er juin et ce long
séjour aux tranchées lui coûte 4 officiers et 190 hommes, tués, blessés ou disparus.
Le service est rendu très pénible en février et mars par la pluie et les inondations
contre lesquelles nos hommes doivent sans cesse lutter, les travaux d’organisation du secteur n’en continuent pas moins pendant tout le séjour du 34e au Bois Madame.
Le 29 mars, entre 18 heures et 18h.30, à la faveur d’un bombardement extrêmement violent un détachement allemand d’environ 200 hommes pénètre dans nos lignes à un saillant de celles-ci occupé par deux sections. La soudaineté de l’attaque et l’isolement absolu des unités attaquées par suite du bombardement ont raison de l’héroïsme des défenseurs ; ceux-ci
sont submergés et l’ennemi se retire à 18h.30, après nous avoir infligé de lourdes pertes (24 tués, 40 blessés, 60 disparus).
Le 14 mai, un détachement de 140 hommes aux ordres du Capitaine SEMERIE
pénètre dans les lignes allemandes et rapporte des renseignements précieux sur leur organisation.
Le 23 mai, le Lt-Colonel DESPORTES remplace à la tête du 34e Colonial le Lt-
Colonel MERCIER désigné pour servir au Maroc.
Le 31 mai, la 121e D.I. reçoit l’ordre de relever dans son secteur la 16e Division
Coloniale ; le 34e relevé fait mouvement les 1er et 2 juin pour venir cantonner le 3 à Bonneuil (7 km. N.O. de Breteuil) où il reste au repos jusqu’au 14 juin. Le régiment auquel on vient de rattacher le 26e Bataillon sénégalais, est embarqué le 19 juin à Conty et Ailly-Noye et cantonne le 20 à Villers-Bretonneux et Marcelcave.
Le 23 juin, les officiers du Régiment exécutent les diverses reconnaissances du secteur d’attaque de la 2e Division Coloniale entre Cappy et Froissy ; le 34e Colonial constitué le 30 en 3 groupes, comprenant chacun une compagnie sénégalaise, deux compagnies européennes, une compagnie de mitrailleuses, et respectivement aux ordres des Commandants HUGON,
NICOL, et DE BOLLARDIERE.
Le 1er juillet, à 5 heures, les différents groupes occupent dans le secteur d’attaque de la 2e Division Coloniale les positions suivantes :
• Groupe HUGON (Bataillon d’attaque) à la redoute de l’Eclusier ;
• Groupe De BOLLARDIERE (réserve de régiment), pentes ouest de la croupe
S.E. du pont de Froissy ;
• Groupe NICOL (réserve de brigade) à Chingnolles.
Le 34e Colonial doit à 9h.30, en liaison avec le 36e Colonial à gauche et le 22e
Colonial à droite, enlever la première ligne allemande, puis progresser dans la garenne Boucher pour nous assurer la base de départ nécessaire à l’attaque du bois de Méréaucourt et de la tranchée de Rienzi qui doit avoir lieu le 2.
Un arrêt de la gauche fait rester le groupe HUGON jusqu’à 11 heures dans nos
tranchées, puis le passage des premières lignes allemandes se fait très régulièrement et le bataillon d’attaque occupe le bois bouquet de la garenne Boucher, il commence à 17h.30 à organiser la position conquise après avoir fait 164 prisonniers, les 2 autres bataillons n’ont pas été engagés.
Le mouvement en avant reprend le lendemain vers 11 heures et le bataillon HUGON conquiert rapidement la tranchée Rienzi et la lisière Est du bois de Méréaucourt. La nouvelle position solidement tenue à 17h. est organisée pendant la nuit et le groupe De BOLLARDIERE vient occuper à la garenne Boucher la position conquise la veille par le groupe HUGON, le bataillon d’attaque a fait dans cette journée 152 prisonniers et pris une batterie de 4 pièces de 105 et 6 mitrailleuses.
L’attaque de la deuxième position allemande commence le 3 juillet, objectif du
Régiment : la lisière Est du bois du Chapitre.
Le mouvement en avant commence à midi et vers 16 heures, le groupe HUGON, après avoir fait quelques prisonniers et pris du matériel, occupe entièrement le bois du Chapitre ; le groupe De BOLLARDIERE suit et occupe le bois de Méréaucourt.
Le 4 juillet, un réseau complet d’avant-postes est établi, la réserve des avant-postes est au bois du Chapitre, deux compagnies du bataillon HUGON commencent le mouvement à 18 heures pour aller établir la ligne des grand-gardes dans le ravin du chemin Omiécourt,Flaucourt et la ligne de surveillance sur la ligne Ferme, Sormant, Ferme de Bazincourt.
Malgré la violence des tirs de barrage ennemis le réseau est complètement établi à 22 heures.
Les attaques du 1er au 6 juillet coûtaient au 34e Colonial 3 officiers et 171 hommes, tués ou blessés.
Le 34e Colonial est relevé par bataillon dans les journées des 5 et 6 juillet et vient
cantonner à Cappy, où il séjourne jusqu’au 10. Le R2giment se porte ensuite à Herbecourt, où il reste en réserve de Division jusqu’au 15 juillet.
Le 16 juillet, le 34e Colonial relève le 44e en première ligne, les trois bataillons sont en ligne et le bataillon du centre est face à l’ouvrage de Barleux, les tranchées de première ligne à peine ébauchées et le manque absolu de boyaux de communication rendent facile la tâche de l’artillerie ennemie qui nous inflige de lourdes pertes. Malgré la pluie et le bombardement, le Régiment travaille d’une façon constante à l’établissement de parallèles de départ et de boyaux en vue de l’attaque du 20 juillet. Le 20 juillet au matin, les parallèles de départ existent sur tout le front, mais elles sont insuffisamment creusées, et certains boyaux n’ont pas plus de 30 centimètres de profondeur.
Le 20 juillet, à 7 heures, le Régiment attaque devant son front : objectif du groupe du Centre : l’ouvrage de Barleux.
La première vague sort dans un ordre parfait et à la faveur d’un léger brouillard
parcourt rapidement le glacis large de 400 mètres en moyenne, séparant nos parallèles de départ des lignes allemandes, malgré le barrage qui prend une intensité inouïe puis l’ennemi déclenche un violent tir de mousqueterie et de mitrailleuses quand notre vague arrive à 50 mètres de ses positions. A gauche, un peloton prend pied dans la tranchée ennemie et engage le combat à la grenade, de même au centre où la vague arrive à son objectif, malgré des pertes très dures, à droite, c’est à moitié décimée que la vague arrive à son but.
A 7h.15, la plupart des éléments de la première vague sont dans la tranchée ennemie ; la deuxième vague suit, mais ne peut arriver à la première ligne qu’elle renforce qu’en certains points des groupements de gauche et du centre. La progression est arrêtée partout, sauf au centre où nos unités tentent jusqu’à 10 heures de se rapprocher du village de Barleux et font 30 prisonniers.
A la droite le groupe HUGON compte encore une centaine d’hommes et s’accroche au terrain.
Une nouvelle attaque est ordonnée pour 11 heures ; seul, le groupe de gauche reçoit
l’ordre à temps et fait sortir un peloton qui est décimé.
L’attaque est reprise à 13 heures ; un bataillon du 44e Colonial est mis à la disposition du Colonel Commandant le 34e , mais ce bataillon arrive trop tard pour participer à l’attaque.
A gauche, les éléments restant de deux compagnies occupent la première ligne
allemande qu’elles avaient dû évacuer à 9h.30 ; mais elles ne peuvent s’y maintenir et une contre-attaque les force à rejoindre nos lignes.
Au centre, toute progression est impossible ; et les unités sont trop faibles pour tenir la position, elles se replient sur la parallèle de départ ; même situation à droite où les compagnies du 44e n’arrivent qu’à 13h.30 pour occuper la position et remplacer les éléments du Bataillon HUGON qui ont dû aussi se reporter à la parallèle de départ. A 18 heures, le régiment occupe donc ses positions du matin avec l’appui de deux bataillons du 44e Colonial.
Le Colonel VERON, commandant le 44e Colonial, prend à 20 heures, le Commandement du secteur.
La seule journée du 20 juillet coûte au 34e Colonial et au 26e Bataillon Sénégalais : 24 officiers et 1027 hommes tués, blessés ou disparus.
Le Régiment relevé stationne le 21 dans la région Herbécourt, Flaucourt, puis vient
cantonner le 22 au camp N° 4, à l’Ouest du Pont de Froissy et se reconstitue avec l’aide de renforts venus de l’arrière.
Le 29 juillet, le Général DESSORT remplace le Général BONNIER à la tête de la 16e Division Coloniale.
Le 8 août, le Régiment prend le service aux tranchées devant Barleux. Le 34e Colonial tient le secteur de Barleux jusqu’au 15 août, le Régiment relevé cantonne le 15 au soir à Morcourt, qu’il quitte le 21 pour s’embarquer en chemin de fer à Boves.
Débarqué le 21 à Estrée-Saint-Denis, le Régiment cantonne dans la région Avrigny,
Choisy-la-Victoire.
Le Régiment, dès lors, ne reverra plus les champs de bataille du front français, la
bataille de la Somme est le dernier et coûteux effort du 34e Colonial avant son départ pour l’Orient.

CHAPITRE VI

LE DÉPART POUR L’ORIENT

Le 34e Colonial reste au repos dans la région de Bailleul-le-Soc, du 22 août au 30
septembre. Le 30 août, le Colonel MORISSON prend le commandement du Régiment en remplacement du Lt-Colonel DESPORTES, affecté au Maroc.
Du 14 au 19 octobre, le Régiment fait mouvement par voie de terre pour venir
cantonner le 19 au soir à Prévillers, Lihus-le-Petit, Orvillers, Rieux (Oise).
Le 26e Bataillon sénégalais quitte le Régiment le 27 octobre.
Le 34e Colonial reste au repos et à l’instruction jusqu’au 4 novembre, date à laquelle il reçoit l’ordre de s’embarquer pour Toulouse pour être mis sur le type des unités de l’armée d’Orient ; le Régiment va entrer dans la formation de la 11e Division Coloniale qui, aux ordres du Général SICRE, vient d’être affectée à l’Armée d’Orient et comprend la 21e Brigade (34e et 35e) et la 22e (42e et 44e).
Le 34e Colonial s’embarque le 5 à Crévecoeur, il débarque à Toulouse le 7 et cantonne le soir à Portet.
Du 9 au 19, le Régiment reçoit les animaux et le matériel nécessaires à sa
transformation en unité du type alpin ; il quitte Portet le 19 et arrive le 20 à Marseille où il doit s’embarquer.
Le 34e Colonial embarque du 20 au 25 novembre, ses éléments sont transportés sur le Sinaï, le Mustapha, le Madeira, le Timgad et le Doukala qui prend la mer le dernier (26 novembre).
L’Etat-Major du Régiment est sur le Timgad qui porte en outre le 5e Bataillon, moins sa compagnie de mitrailleuses.
Le 29 novembre, le Timgad reçoit par T.S.F. l’ordre de gagner le Pirée où il arrive le 30 pendant l’effervescence suscitée à Athènes par l’ultimatum allié exigeant la remise des batteries grecques.
Le Colonel MORISSON reçoit l’ordre de tenir le 6e Bataillon prêt à débarquer pour
soutenir les détachements de marins et occuper certains points d’Athènes.
Le 1er décembre, à 4h.30, le 6e Bataillon débarque, il occupe à 15 heures le Castella où il reste toute la nuit, le Colonel MORISSON reçoit l’ordre de prendre le commandement des troupes à terre.
De 17 à 18 heures, les torpilleurs tirent une trentaine de coups de canon sur les
environs d’Athènes et le Vergniaud de la baie de Salamine envoie quelques obus de gros calibre sur le palais du Roi.
Le 2 décembre, le 6e Bataillon reçoit l’ordre de se maintenir au Castella, le Timgad rejoint Salonique avec l’Etat-Major du Régiment.
Le Colonel arrive le 3 au Camp de Zeitenlik où sont déjà installés le 5e Bataillon, les compagnies de mitrailleuses et la compagnie hors rang. Le 6e Bataillon ne sera rassemblé à
Zeitenlik que le 18 décembre.
Le 5e Bataillon reçoit le 8 décembre l’ordre de se rendre par étapes à Sorovitch (au sud du lac Petrsko, à 25 km. S.E. de Florina), il quitte Zeitenlik le 10 décembre.
De Sorovitch, ce bataillon est dirigé sur Monastir et va prendre les tranchées à la côte 1050, sur la rive gauche de la Cerna, à 15 km. Au N.E. de Monastir ; il reste en secteur jusqu’à l’arrivée du 6e Bataillon qui, venu par étapes en suivant la route Venitdje-Vardar,Vodeha, Banitza, arrive le 31 décembre à Holeven (15 km. Sud de Monastir).
Le 5e Bataillon perd un officier et 6 hommes pendant son séjour aux tranchées de la côte 1050 et à l’arrivée du 6e Bataillon va tenir avec lui le secteur affecté au 34e Colonial devant Monastir

CHAPITRE VII

DEVANT MONASTIR
Du 1er janvier au 22 juin 1917.
Les attaques du 16 mars et du 16 mai.
Le 34e Colonial relève dans la nuit du 1er au 2 janvier 1917 un bataillon de tirailleurs algériens qui tenait les lignes entre le ruisseau Dragor et le chemin Monastir-Prilep et un bataillon du 371e en position entre le Piton Perras et la route du Prilep. Le Régiment tient ce secteur un mois et son séjour aux tranchées lui coûte 1 officier et 16 hommes tués ou blessés.
Le Lt-Colonel BETRIX prend le 26 janvier le commandement du 34e Colonial, le
Colonel MORISSON prend celui du 42e qu’il quitte le 2 février pour remplacer à la tête de la 21e Brigade le Colonel EXPERT BESANCON, nommé chef d’Etat-Major de l’armée française d’Orient.
Les bataillons du Régiment relevés le 1er et le 2 février viennent cantonner à Svpetka
(à proximité de la route Monastir-Florina à 15 km. au sud de Monastir). Le Régiment reste au repos jusqu’au 22 février et fait mouvement le 23 pour venir cantonner à Monastir.
Le 34e Colonial mis aux ordres du Général Commandant la 57e Division relève dans la nuit du 24 au 25 le 371e de ligne et occupe avec le 5e Bataillon les hauteurs du Piton Perras tandis que le 6e Bataillon occupe à gauche la crête Martin.
La 3e Compagnie de mitrailleuses du Régiment et un bataillon du 371e sont en réserve de Division.
Du 22 février au 15 mai, le 34e Colonial tient le secteur Martin-Perras et travaille à la préparation de l’attaque de la côte 1248 (3 km. N.O. de Monastir) par la 57e Division.
L’attaque est ordonnée le 16 mars.
Devant le front du 34e qui est à la droite du dispositif d’attaque de la 57e Division, le terrain est très montagneux, l’ennemi occupe à 1.000 mètres de nous la crête nord d’un ravin profond de 150 mètres dont nous occupons la crête sud.
Le 16, le Régiment ne fait que flanquer par ses feux le 372e qui attaque à sa gauche ; il fait reconnaître en fin de journée la ligne bulgare par des patrouilles qui ont passé dans le ravin la nuit de l’attaque, et constatent que la position ennemie est fortement tenue.
Le 17, le 34e Colonial reçoit la mission d’enlever les ouvrages de la Vistule et du
Monastère St-Elie, lorsque le 372e se sera emparé du piton intermédiaire.
Celui-ci est occupé à 16h.20 et le Bataillon Weithas, débouchant du Col Martin-
Perras, gagne rapidement le fond du ravin dont il gravit les pentes Nord, pour prolonger le 372e à droite. Les ouvrages de la Vistule sont abandonnés. Le Bataillon s’y installe.
Le 18, à 6 heures, deux pelotons attaquent à la grenade le Monastère où s’engage une lutte acharnée, la garnison de l’ouvrage s’enfuit en désordre dans la direction de Krklina, laissant une trentaine de cadavres sur le terrain, le Bataillon Wendt vient prolonger à droite le bataillon d’attaque.
A 8 heures, le 34e Colonial est remis sous les ordres du Général Commandant la 11e
Division, qui donne à 14 heures l’ordre d’attaquer Krklina.
A 20 heures, la compagnie Louis Augustin entoure brusquement le village et l’occupe après avoir fait 44 prisonniers ; des patrouilles de combat sont poussées au nord de Krklina
jusqu’à la deuxième position bulgare.
Le 18 au soir, le Régiment a une compagnie à Krklina, 4 compagnies et 2 compagnies de mitrailleuses sur l’ancienne première ligne bulgare, tandis qu’une compagnie de mitrailleuses occupe nos positions du Centre-Perras.
Le 34e Colonial organise le 19 et le 20 la position conquise, il est ramené à l’arrière le 21, et mis en réserve de la 11e Division après avoir perdu du 16 au 21 mars 2 officiers et 93 hommes tués ou blessés.
Le 34e Colonial cantonné à Monastir reste en réserve jusqu’au 10 avril, il relève du 10 au 11 le 42e Colonial devant Grn-Orizari, le Colonel installe son P.C. à San-Nedelo ; ce secteur coûte au Régiment du 11 au 26 avril, 1 officier et 49 hommes tués ou blessés.
Le 34e Colonial relevé vient cantonner le 26 avril à Monastir qu’il quitte le 30 pour
aller occuper près de Snégovo ses emplacements en vue de l’attaque des mamelons 1067 (1km.500 N.O. de Krklina).
Le Régiment perd en tenant le secteur du 30 avril au 15 mai, et en préparant l’attaque 1 officier et 48 hommes tués ou blessés.
L’attaque a lieu le 16 mai, la mission du 34e Colonial dans le plan d’engagement de la 57e Division est la suivante : avec un bataillon (Bataillon WENDT, à droite) enlever le mamelon 1 et se mettre en liaison avec le groupe léger sur le mamelon 2 tandis que l’autre bataillon (Bataillon WEITHAS, à gauche) s’empare des tranchées de la Fulda et du
Quadrilatère des D.
L’attaque se déclenche d’un bloc à l’heure fixée, la surprise est complète. Le bataillon de gauche enlève les tranchées de la Fulda et se heurte au quadrilatère fortement tenu où il avance à la grenade ; le bataillon, dont une compagnie dépasse le quadrilatère, fait une trentaine de prisonniers mais est bientôt pris à partie par l’artillerie adverse et les mitrailleuses qui garnissent les tranchées de l’Ems et du piton rocheux. La compagnie qui occupe la Fulda doit revenir décimée dans nos lignes, celle du quadrilatère est submergée par une contre-attaque bulgare. Il ne reste bientôt plus qu’un officier au bataillon, dont les débris rassemblés par l’Officier Adjoint au Colonel, le Capitaine De BOURGESDON font face à l’ennemi.
A droite, le bataillon WENDT conquiert rapidement la première ligne ennemie, puis
engage la lutte à la baïonnette et à la grenade et repousse deux contre-attaques bulgares ; les mitrailleuses (de l’artillerie bulgare) lui infligent de lourdes pertes.
A 7h.40, une troisième contre-attaque est brisée, et à 9 heures, nous tenons toujours le mamelon 1 ; une quatrième a lieu vers midi, les Bulgares se précipitent à rangs serrés sur les positions que nous avons conquises aux mamelons 1 et 2, dont ils sont maîtres à 14 heures.
Dès lors, tous nos efforts ne tendront plus qu’à tenir avec les éléments restant nos
positions de départ. Sur 27 officiers qui ont pris part à l’attaque, 18 sont tués, blessés ou disparus, et nous avons perdu 441 hommes de troupe.
Malgré la violence du bombardement et l’intensité du tir des mitrailleuses ennemies, malgré la vigueur des contre-attaques, nos hommes font preuve, dans cette journée, d’une ténacité et d’une bravoure remarquables ; c’est décimées et incapables de les tenir plus longtemps sans risque d’être cernées, que les unités d’attaque abandonnent les positions qu’elles ont conquises le matin d’un si bel élan.
Le 34e Colonial, mis en réserve le 17 et le 18 mai, vient cantonner le 19 à Monastir.
Le Bataillon WENDT reprend le 23 les tranchées devant Snégovo et reste en ligne
jusqu’au 6 juin ; le secteur est calme, le Bataillon y perd deux hommes.
Le 6e Bataillon vient cantonner le 6 dans la région Pozdée, Velouchina, Kanina, où le 5e Bataillon et l’Etat-Major sont cantonnés depuis le 3 et où le Régiment reste au repos
jusqu’au 22 juin.

CHAPITRE VIII
DEVANT MONASTIR
Du 23 juin au 18 septembre 1918.
Le 34e Colonial tient du 23 juin au 25 juillet devant Monastir le sous-secteur de San-
Nédélo. (Centre de résistance à Grn Orizari).
Le 11 juillet, le Colonel MAILLES prend le commandement du régiment en
remplacement du Colonel BETRIX, appelé au commandement de la 21e Brigade Coloniale.
Le 34e Colonial reste au repos du 25 juillet au 4 août dans la région Pozdée,
Velouchina, Kanina, puis à Obsirina et Kanina qu’il quitte le 4 août pour aller occuper au Nord de Monastir le secteur tranchée Hohenzollern centre de résistance A et Grn Orizari.
Grn Orizari est tenu par le 39e Bataillon Sénégalais remplacé le 24 août par le 26e Bataillon qui vient d’arriver de France et a rejoint le 34e Colonial le 14 août.
Le 1er septembre, un coup de main exécuté par deux compagnies du 39e Bataillon Sénégalais et une compagnie du 42e Colonial aux ordres du Commandant GAILLARD, met nos unités dans le barrage ennemi et nous occasionne quelques pertes. Nous perdons du 6 août au 6 septembre 1 officier et 30 hommes tués ou blessés.
Le régiment relevé le 6 septembre vient bivouaquer le lendemain à Velouchina et
Obsirina, le 26e Bataillon Sénégalais n’arrive que le 10 et bivouaque à Bitoucha.
Le 19 septembre, le Général VENEL remplace le Général SICRE à la tête de la 11e
Division Coloniale.
Le 34e Colonial reste au repos jusqu’au 29 septembre et prend le 30 le service aux tranchées du sous-secteur de droite de Monastir dans les conditions suivantes : un bataillon (le 6e) à Din Orizar, 2 compagnies sénégalaises à Cebrikri et Pozdée et un bataillon au Tumulus (tranchées au nord de Cebrikri).
Le régiment relevé le 20 octobre vient au repos à Bitoucha et Klaboutchichté où il
stationne jusqu’au 7 novembre.
Le 34e Colonial reprend les tranchées le 8 novembre à Din Orizari et au Tumulus, et un bataillon en réserve à Pozdée et Grn Orizari ou au repos au sud de Kanina.
Le 4 février, les deux bataillons du régiment sont mis en première ligne, le 24, le 6e Bataillon relevé va au repos au bivouac de Veloutchina Kanina tandis que le 5e Bataillon est mis en réserve à Pozdée et Grn Orizari.
Le 6e Bataillon vient cantonner le 3 mars à Bitoucha, le 5e Bataillon relevé arrive dans la même région le 5.
Le 34e Colonial remonte en ligne le 19 mars, les deux bataillons sont en ligne à Din Orizari et au Tumulus.
Le Lieutenant-Colonel DEBIEUVRE prend le 4 avril le commandement du régiment
qui, relevé le 9, reste au repos dans les conditions habituelles jusqu’au 16 avril.
Le 18 avril, le 34e Colonial va tenir le sous-secteur Bayard (secteur de la crête
Martin), le régiment a d’abord ses deux bataillons en ligne, puis n’en laisse qu’un seul, l’autre étant mis en réserve à Monastir ou dans les environs immédiats.
Le 5e Bataillon mis le 2 mai au Camp Grossetti devient centre d’instruction d’armée, le 6e Bataillon reste en ligne jusqu’au 6 juillet puis vient bivouaquer à Holeven où il reste jusqu’au 30.
Le 30 juillet, l’Etat-Major et le 6e Bataillon se portent à Sajoulevo tandis que le 5e
Bataillon se porte au Camp Grossetti à Kalenik le Haut, le régiment gagne ensuite Slivica puis après quelques jours de repos au point F, relève du 8 au 10 août, un bataillon du 1er Colonial et le 96e Bataillon Sénégalais au sous-secteur Dakar (20 km. N.E. de Monastir).
Le 17 août, le 26e Bataillon Sénégalais est remis à la disposition du 34e Colonial qui est formé en trois groupes comprenant chacun deux compagnies européennes, deux compagnies sénégalaises et une compagnie de mitrailleuses ; deux groupes sont mis en ligne,le troisième reste en réserve.
Le Régiment est relevé le 12 et reformé à deux bataillons européens et un bataillon sénégalais, il se porte le 13 en réserve d’armée au kilomètre 21 où il bivouaque jusqu’au 17 septembre.
Dans la nuit du 17 au 18, le Régiment toujours réserve d’armée, se porte au camp
Mortbreuil (sur la rive gauche de la Cerna, 15 km. N.E. de Brod).
Ainsi se termine cette longue période de tranchées où le 34e Colonial a plus souffert des intempéries, du ravitaillement précaire et de l’éloignement de la France qu’il n’a été éprouvé par le feu. (Les deux bataillons européens du Régiment ont perdu du 6 septembre 1917 au 18 septembre 1918 1 officier et 32 hommes tués ou blessés).
La victorieuse offensive qu’il va mener du 18 septembre au 3 octobre est, pour le 34e Colonial, la récompense de cette longue attente.

CHAPITRE IX
L’OFFENSIVE DE SEPTEMBRE 1918
La retraite bulgare – L’occupation en Hongrie.

Les troupes d’occupation du secteur de la Makovka ayant enlevé les premières lignes ennemies, le 34e Colonial occupe le 21 septembre les anciennes premières lignes françaises, puis suivant l’avance de la 21e Brigade Coloniale les anciennes lignes bulgares.
Le régiment remis le 22 au soir à la disposition de la 21e Brigade Coloniale se porte le même jour à Kruchevitsa (20 kilomètres S.E. de Prilep), il reçoit le 23 septembre, l’ordre de se porter sur Prilep par Chtavitsé et Lak et cantonne dans la ville évacuée le 23 au soir. Le 24, l’ennemi continue sa retraite dans la direction du N.-O. ses arrière-gardes tiennent les hauteurs qui dominent la Treska et son artillerie lourde bat la route de Prilep-Brod à la sortie du village de Varoch.
La division encadrée à droite par la division hellénique et à gauche par le corps
expéditionnaire italien prend un dispositif lui permettant d’assurer en même temps que la poursuite la couverture de Prilep face à Brod ; la 21e Brigade est en tête et le 34e Colonial doit assurer la couverture du dispositif.
Le 26e Bataillon Sénégalais et les éclaireurs montés quittent Prilep le 24 septembre avec mission de fermer les avant-postes.
Le 24 au soir, le bataillon est installé sur la ligne de la Treska entre Vrantché et la
route de Prilep à 100 mètres des lignes bulgares, les deux autres bataillons ont suivi et bivouaquent à 10 kilomètres N.-O. de Prilep.
Le 26e Bataillon Sénégalais a perdu 1 officier et 26 hommes tués ou blessés.
Le 25 au jour, les reconnaissances rendent comptent de l’évacuation de Novoselani (sur la rive nord de la Treska), le régiment reprend sa marche en avant avec deux bataillons en ligne et un en réserve, il est vers 4 heures rassemblé à Ztredorek, puis continue en direction de Brod.
Malgré de violents tirs de 75, de 105 et de mitrailleuses, la progression se poursuit,mais l’ennemi occupe plusieurs lignes devant Jitoutché et Lajani et semble disposé à la résistance.
Le bataillon de gauche (DUMOULIN) malgré des pertes sensibles s’approche à 1200 mètres de Jitoutché quand la garnison d’une avancée de la position ennemie met baïonnette au canon pour contre-attaquer ; le bataillon DUMOULIN, baïonnette au canon lui aussi, accélère sa marche et force l’ennemi à abandonner successivement la position avancée, les lisières du village et le village lui-même.
Le bataillon perd dans cette journée 1 officier, 43 hommes tués ou blessés. A droite, le 26e Bataillon Sénégalais (MAIGNAN) qui perd pendant sa progression 1 officier et 64 hommes tués ou blessés arrive rapidement au village de Lajani qu’il occupe.
Le bataillon de réserve (AUVIGNE) n’a pu suivre, obligé de faire face au N.E . devant la sérieuse menace d’une contre-attaque bulgare, débouchant de Rootovo ; ce bataillon est mis aux ordres du lieutenant-colonel LEMOIGNE qui commande à droite du 34e R.I.C.
Le 25, le lieutenant-colonel THOMAS remplace à la tête du régiment le lieutenantcolonel DEBIEUVRE qui rejoint le 42e Colonial.
Le 34e reçoit le 26 l’ordre de continuer sa marche en direction de Brod et d’enlever les côtes 1200 et 887 (7 kilomètres S. E. de Brod ). Le bataillon de gauche (DUMOULIN) s’avance par Borina et Zabrenovo qu’il atteint à 15h.30, quelques rafales de mitrailleuses accueillent l’arrière de nos troupes sur la côte 1200 qui est occupée à 10h.30 et dont la prise nous coûte 1 officier et 5 hommes tués ou blessés.
Le bataillon Sénégalais parti à 13 heures s’est avancé en liaison avec le bataillon
DUMOULIN, a chassé les bulgares de Sadjovo et pris pied sur le mamelon 887, il y est violemment contre-attaqué, maintient néanmoins ses positions et reçoit l’ordre d’occuper la crête qui domine à l’ouest la route de Prilep.
Le bataillon déployé sur près de 2 kilomètres progresse à partir de minuit dans une région boisée où le bulgare entrave sa marche en incendiant la brousse. La position est occupée le 27 à 5h.30, le bataillon a perdu pour la conquérir 2 officiers et 49 hommes tués ou blessés.
Le bataillon AUVIGNE occupe le 26 au soir le village de Dobritché que l’ennemi
vient d’évacuer ; le 27, précédé de la colonne LEMOIGNE, ce bataillon marche sur Brod et s’établit sur le plateau qui domine le village au S.E. A gauche, le bataillon DUMOULIN force l’ennemi à évacuer Slansko et occupe à 17 heures l’éperon dominant Brod du Sud.
Ce bataillon reprend son mouvement en avant le 28 au matin et menace Brod par
l’ouest, l’ennemi évacue le village où le bataillon AUVIGNE précédé de la colonne
LEMOIGNE et suivi des bataillons DUMOULIN et MAIGNAN entre à 10h.
La poursuite ne reprendra que le lendemain en direction de Kcevo, par la vallée de la Velika ; le lieutenant-colonel THOMAS reçoit la mission de marcher en flanc garde avec deux bataillons et une batterie de 65 à droite de la colonne de la 21e Brigade qui doit forcer la vallée de la Velika. Le lieutenant-colonel THOMAS n’a plus sous ses ordres que le bataillon MAIGNAN, le bataillon DUMOULIN est en réserve de division et le bataillon AUVIGNE marche avec la brigade ; le bataillon de CABARRUS du 35e R.I.C. est mis à sa disposition.
Le bataillon de tête de la flanc garde (de CABARRUS) doit marcher par Trébino,
Rujjaci, Oréhovec ; à 18 heures la tête de colonne de la brigade est encore au contact de l’ennemi à Ladova. Le lieutenant-colonel THOMAS reçoit l’ordre de mettre en ligne le bataillon MAIGNAN et la Compagnie hors rang à la droite du bataillon de CABARRUS ; après une marche très pénible il arrive le 30 devant Kosicino prenant complètement à revers les positions bulgares qui sont à l’est du village, l’ennemi bat en retraite au Kzicino et Svérorace.
Le 1er octobre, à 8 heures, le lieutenant-colonel THOMAS apprend par un officier
envoyé par le capitaine de CABARRUS la suspension d’armes et fait bivouaquer la
compagnie hors rang au sud de Plawisca, mais le bataillon MAIGNAN qui n’a pas entendu les sonneries et n’a pu ensuite être rejoint dans une région très boisée descend la vallée de la Krusica et après avoir échangé quelques coups de feu avec les bulgares, s’installe à 15 heures sur l’éperon au nord de Garana.
Le bataillon AUVIGNE aux ordres directs du colonel commandant la brigade avait été le 29 septembre fractionné en deux colonnes chargées de tourner les positions bulgares au nord et au sud de la route de Kicevo avait pris contact avec l’ennemi et bivouaqué le 29 à sa proximité immédiate.
Ce bataillon qui a perdu le 29 septembre 2 officiers et 9 hommes tués ou blessé, est regroupé et rassemblé le 1er octobre à hauteur de Planisca.
Le 2, des ordres sont donnés pour que l’avance sur Kicevo continue même par la force,puisque l’ennemi ne semble pas avoir été avisé de la suspension d’armes, mais le 3 au matin les bulgares qui nous barrent la route, acceptent la capitulation, toutes hostilités cessant et la 2e Division Coloniale commence son mouvement pour gagner la région de Kicevo.
Les succès de la période du 23 septembre au 3 octobre sont dus à la marche rapide de nos troupes qui, malgré des fatigues exceptionnelles et des difficultés de ravitaillement telles qu’à plusieurs reprises celui-ci n’a pu être assuré, n’en ont pas moins à chaque minute fait preuve d’une endurance et d’un cran au-dessus de tout éloge.
Du 4 au 9 octobre, le régiment, 5e Bataillon et 26e Bataillon Sénégalais, procède au désarmement de l’escorte de la 302e Division Allemande dans la région de Gostivar (30 kilomètres au nord de Kricevo).
Relevé le 9, Le 34e Colonial se porte à Kicevo, où il est rejoint par le bataillon
DUMOULIN, le 26e Bataillon Sénégalais cesse le 11 octobre d’être rattaché au régiment qui va le même jour cantonner à Brod.
Le 34e Colonial quitte Brod le 12, pour se rendre dans la zone de stationnement de la Division et cantonne le 13 à Mazujcista où il reste au repos jusqu’au 5 novembre.Il quitte Mazujcista le 6, pour entreprendre vers le nord à travers la Serbie une longue série d’étapes qui par le col de la Babuna, Vélès, Vrania, Leskovac, Paracin, l’amènent le 3
décembre à Vajodina à environ 350 kilomètres au nord de Monastir.
Le régiment reste au repos à Vajodina jusqu’au 17 décembre, il reprend le 18 sa
marche vers le nord et passant par Brzan et Palenka arrive le 24 sur le Danube à Semandria.
Le 34e Colonial est transporté par chaland le 25 pour participer au mouvement général de la 2e Division Coloniale désignée comme troupe d’occupation du territoire hongrois,débarqué à Kovino se porte ensuite sur Mrmorack où il stationne du 26 décembre 1918 au 30 janvier 1919.
Le 30 janvier, le régiment reçoit l’ordre de prendre ses cantonnements définitifs dans la zone de stationnement de la 2e Division Coloniale, le 6e Bataillon et l’Etat-Major du Régiment sont embarqués le même jour à destination de Verchetz où ils arrivent le 1er février,
le 5e Bataillon faisant mouvement par voie ferrée est transporté le 2 février à Temesvar.
Le régiment reste à Verchetz et Temesvar jusqu’au 18 mars, il occupe le 19 mars, la zone de Lippa Lugos où il cantonne jusqu’au 1er avril date de la dissolution du régiment.

LA DISSOLUTION DU RÉGIMENT

Le 34e Colonial est dissous le 1er avril 1919, ses effectifs déjà fort appauvris par le départ de plusieurs échelons de militaires démobilisables sont répartis dans les régiments
voisins et le drapeau est renvoyé à Toulon à son dépôt.
Le régiment connaît encore une heure de gloire le 14 juillet, sa délégation et son
drapeau prennent part au défilé triomphal de Paris où la France rend hommage aux vainqueurs revenus, à leurs drapeaux et aussi à tous ceux qui ont payé de leur vie le succès de nos armes.
On ne peut pas quitter le 34e Colonial, sans évoquer le souvenir du 26e Bataillon
Sénégalais qui a si souvent et si brillamment combattu à ses côtés et dont un officier, le sous-lieutenant BONNET, mortellement blessé le 26 septembre 1918, quatre jours avant la capitulation bulgare, mourait le soir même en disant : « Je suis content, je meurs en marsouin.
Vive la France. »
Combien de glorieuses citations ne pourrait-on pas mettre ici, citations d’officiers qui rejoignent le régiment après chaque blessure et citations d’hommes de troupe où l’on trouve à chaque ligne le courage tranquille et la volonté de tenir et de vaincre qui sont l’âme du régiment.
Nos vieux soldats de carrière dont les rangs ont été hélas bien éclaircis ont au début de la guerre constitué pour les classes de réserve un encadrement de premier ordre et celles-ci ont su maintenir au 34e les traditions de courage et d’honneur militaire qui font du soldat d’infanterie coloniale le premier soldat du monde.
Aucun marsouin ne porte maintenant le numéro du régiment dissout mais ceux qui ont servi au 34e Colonial le sauveront de l’oubli et quand on évoquera devant eux le souvenir de nos succès c’est avec un légitime orgueil qu’ils auront présente à la mémoire la page de gloire qu’ils ont écrite au livre d’or de l’armée coloniale qui entre toutes les armées a chèrement acheté la victoire de ses souffrances et de son sang.
Toulon, le 21 août 1919.
ANNEXE I
LISTE NOMINATIVE
DES
MILITAIRES du 34e RÉGIMENT COLONIAL TUÉ A L’ENNEMI ou morts des suites de leurs blessures pendant la guerre

BRETHON Joseph, Soldat ; 1er septembre 1914, Saint-Mihiel.
CELARIES Edouard, Soldat ; 4 septembre 14, bois d’Andreville.
CLAGNON Joseph, Soldat ; 7 sept. 14, à Beauzée (Meuse).
CALMEL Léandre, Soldat ; idm.
CHALBERT Augustin, Soldat ; idm.
COMTE Lucien, Soldat ; idm.
ESCANDE Charles, Soldat ; idm.
FOURCOUX Etienne, Soldat ; idm.
FOURNIER Louis, Soldat ; idm.
GOVANIER Jacques, Sergent ; idm.
JAOUL Emilien, Soldat ; 7 septembre 14, à Sommaisne.
LABOUREAU Jacques, Sergent-Major ; 7 sept. 14, à Beauzée.
MARGNION Victor, Soldat ; idm.
METGE Basile, Soldat ; idm.
MIRABEL Bertin, Soldat ; idm.
MOREAUN Louis, Soldat ; idm.
MOUNET Etienne, Soldat ; idm.
MORUCCI Paul, Soldat ; idm.
MOYNE Gustave, Soldat ; 7 septembre 14, à Sommaisne.
PANSIN Jules, Soldat ; 7 septembre 1914, à Beauzée.
OLIVIER de SERRE, Soldat ; idm.
PEPY Sigismond, Soldat ; idm.
PUEO François, Soldat ; idm.
ROQUEFEINL Louis, Soldat ; idm.
ROCHER Eugène, Soldat ; idm.
RONANCK Albert, Caporal ; idm.
ROUSTAN Paul, Soldat ; idm.
ROUVIER Alfred, Soldat ; idm.
SENEGAS Arthur, Soldat ; idm.
TRUC Paul, Soldat ; idm.
VARELLO Alexandre, Soldat ; idm.
VERNHES Gaston, Soldat ; 7 sept. 14, Hautes-Charrières, St-Mihiel.
VERNET Marius, Soldat ; 7 sept. 14, à Beauzée.
VOISIN Albert, Soldat ; 7 sept. 14, à Beauzée.
JEANJEAN Emile, Soldat ; 8 septembre 14, à Chaumont.
PETIT Louis, Soldat ; 8 sept. 14, à Beauzée.
TESTANIERE Paul, Caporal ; 8 sept. 14 à Pierrefitte (Meuse).
DESSAILLY, Sous-lieutenant, 10 septembre 1914, à Chauvoncourt.
THAL Henri, Commandant ; 10 septembre 14, à Beauzée.
MORLON François, Sous-lieutenant, 10 sept. 14, à Chauvoncourt.
MOREL, Lieutenant-Colonel ; idm.
GRANIER Augustin, Soldat ; 7 sept. 14, Hérize la petite.
MARMANDE Jean, Soldat ; 11 sept. 17, Veuville en Verdunois.
SALVARELLI Paul, Soldat ; 12 septembre 14, à Beauzée.
CORNIER Léon, Soldat ; idm.
PAOLANTONACCI Charles, Lieutenant ; 13 sept. 14, Chatillon
BAROUILLET Henri, Sergent ; 16 septembre 14, à Beauzée.
MALEVAL Constant, Soldat ; 13 sept. 14, à Beauzée, inh. à Stenay.
ROUSSEL Pierre, Soldat ; 16 septembre 14, à Beauzée.
BARBE Elie, Soldat ; 19 septembre 14, à Hérize la petite.
CALENDINI Jean, Soldat ; idm.
DELMAS Elie, Soldat ; idm.
BUOTTET Léon, Soldat ; 20 septembre 14, à Beauzée (Meuse).
SIEYS Cyprien, Soldat ; idm.
ROUSSEL Emile, Soldat ; idm.
RICARD Paul, Caporal ; idm.
REY Léon, Soldat ; idm.
RAYMOND Etienne, Soldat ; idm.
MEYSSEN Alexandre, Soldat ; idm.
HOMO Léon, Soldat ; idm.
COUPIAC Alfred, Soldat ; idm.
BRIN Elie, Soldat ; idm.
BRUN Louis, Soldat ; 21 septembre 1914, à Beauzée.
CABROL Marcellin, Soldat ; idm.
CAPELLO Maurice, Soldat ; idm.
CAUSSE Joseph, Soldat ; idm.
DUMAS Emile, Soldat ; idm.
ESTEVE Léon, Soldat ; idm.
ESPINASSE Zéphirin, Soldat ; idm.
GAFFET Henri, Soldat ; idm.
GUEYEN Edouard, Aspirant ; idm.
GALOUP Albert, Soldat ; 21 sept. 14 à Beaumont-sur-Vesle.
JULLIAN Xavier, Soldat ; 21 septembre 1914, à Beauzée.
LIPENDRY Joseph, Soldat ; idm.
MAUMEJEAN Paul, Soldat ; idm.
MAILLIE Pierre, Soldat ; idm.
MARTIN Florestan, Soldat ; idm.
MANCK Jules, Soldat ; idm.
METGE Jean-François, Soldat ; idm.
MAUREN Hilaire, Soldat ; idm.
MOULY Benjamin, Caporal ; idm.
MOULS Achille, Soldat ; idm.
MONTAGNE Casimir, Soldat ; idm.
PEYROSTRE Léon, Soldat ; idm.
PEDRANT Charles, Adjudant ; 21 septembre 1914, à Beauzée.
PRIVAT Jean, Soldat ; 21 septembre 1914, à Sommaisne.
SAUVRY Louis, Soldat ; 21 septembre 1914, à Beauzée.
SAPET Ferdinand, Soldat ; idm.
SICARD Marie-Léon, Soldat ; idm.
VERNAZOBRES Emile, Caporal ; idm.
VERDIER Louis, Soldat ; idm.
VIRAZELS Jean-Pierre, Soldat ; idm.
POMAREDE Louis, Soldat ; 22 septembre 14, à Sommaisne.
PARIS Angéli, Soldat ; idm.
GAYRANE Victorin, Sodat ; idm.
BARTH Victor, Soldat ; 22 septembre 14, à Pierrefite.
MOUDON Camille, Soldat ; 23 sept. 14, Hôp. N°11, Verdun.
OBINO Dominique, Soldat ; 23 sept.14, à Sommaisne.
RAMOND Emile, Soldat ; 24 septembre 14, à Sommaisne.
AFFRE Léon, Soldat ; 26 septembre 1914, à Chauvoncourt.
ALGANS Roch, Soldat ; idm.
ALOUGRY Pierre, Soldat ; idm.
BARTHES Ernest, Soldat ; idm.
BOYER Victor, Soldat ; idm.
CABLAT Aimé, Caporal ; idm.
COUFFIN Firmin, Soldat ; idm.
DAUPY Marie, Soldat ; idm.
FRAISSE Victor, Soldat ; idm.
MARTIN du PONT Frédéric, Soldat ; idm.
MARTEL Esprit-François, Soldat ; idm.
MAS Ernest, Soldat ; idm.
MERIC Fernand, Soldat ; idm.
PAULIN Antoine, Soldat ; idm.
POMMIER Marius, Soldat ; idm.
SAUSSOL Arthur, Soldat ; idm.
THOUREL Joseph, Soldat ; idm.
VAUCHE Joseph, Capitaine ; idm.
VIDAL Célestin, Soldat ; idm.
VOLOT Jean, Soldat ; idm.
LANTOU Achille, Soldat ; 27 sept. 14, Pierrefite-sur-Aisne.
BERLON Alfred, Soldat ; 27 sept. 14, à Beaumont.
PLAT Joseph, Soldat ; idm.
COSTE Iréné, Sergent-fourrier ; 28 sept. 14, gare de Lérouville.
ESCARLAT Antoine, Soldat ; 28 sept. 14, séminaire de St-Dié.
MICHEL Joseph, Soldat ; 28 sept. 14, Ab. 1, 65e Division.
MORINEAU Joseph, Soldat ; 28 sept. 14, Pierrefite (Meuse).
RASCOL Léopold, Soldat ; 28 sept. 14, Beaumont-sur-Vesle.
TRAVAIL Léon, Soldat ; 29 septembre 1914, Pierrefite.
MATHE Marcel, Caporal ; 29 sept. 14, Hôp. Evac. 5, Bar-le-Duc.
LABIT Jean, Caporal ; 29 septembre 14, à Beauzée.
BOUSQUET Marcel, Soldat ; 30 septembre 14, à Bénot, Hôpital.
COT Louis, Soldat ; 30 septembre 14, à Verdun.
GUHUR Vincent, Soldat ; 30 sept. 14, Beaumont-sur-Vesle.
ISARD Louis, Soldat ; 1er octobre 14, Bourges, Hôpital.
RIGAUD Joseph, Soldat ; 1er octobre 14, Pierrefite-sur-Aisne.
CASSETARI Constantin, Soldat ; 1er octobre 14, Neufchâtel.
LAVIT Cyprie, Soldat ; 12 octobre 14, Roman.
ESCAUT Henri, Soldat ; 12 octobre 14, Cosnes.
BRANCHE Marius, Sergent ; 12 octobre 14, St-Mihiel.
LABERRE Joseph, Soldat ; 14 octobre 14, Montargis.
TARDIEU Emile, Soldat ; 16 octobre 14, Hôp. Mixte, Bar-le-Duc.
AURIOL Edouard, Soldat ; 18 octobre 14, Chauvoncourt.
AYRAL Marie, Soldat ; 18 octobre 14, St-Mihiel.
BENOIT Alexis, Soldat ; 20 octobre 14, Beauzée.
ORMIERES Raymond, Soldat ; 20 oct. 14, Ronceux, Hôp. Ste-Anne.
RALMES Ernest, Soldat ; 27 octobre 14, Saint-Mihiel.
VIGNIER Justin, Soldat ; idm.
NOGUIER Augustin, Soldat ; 3 nov. 14, Hôp. 7, Clermont-Ferrand.
GUEPIER Jules, Capitaine ; 11 novembre 14, Chauvoncourt.
JULLIEN Auguste, Soldat ; 18 novembre 14, Bar-le-Duc.
BEAUDUN Eugène, Soldat ; 18 novembre 14, Chauvoncourt.
BRALS Jean, Soldat ; 16 novembre 14, Chauvoncourt.
BARTHELIER Ambroise, Soldat ; 16 nov. 14, Hôp. Mixte, Orange.
CALDANI Marius, Caporal ; 15 novembre 14, Chauvoncourt.
GUY Emile, Soldat ; idm.
GUEPIN Jules, Capitaine ; idm.
MEYNARD Louis, Soldat ; idm.
NOZIERE Charles, Caporal ; idm.
PALIS Camille, Soldat ; idm.
PIQUE Augustin, Soldat ; idm.
RIGAL Jean, Soldat ; idm.
VERDIER François, Sergent ; idm.
UNAL Joseph, Soldat ; 17 novembre 14, Chauvoncourt.
BOISSON Auguste, Soldat ; 18 novembre 14, Chauvo

Numérisé et retraité en OCR par M Gilles WITZ
Publié sur le site www.troupesdemarine.org avec son aimable autorisation

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