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La tradition c'est  un «devoir de mémoire», l’affirmation d’une identité collective, des références de comportements individuels et collectifs.
LES FOURRAGERES ET AIGUILLETTES
Les Origines - La réglementation -

A - Les Fourragères

A l'origine, vers la fin du XVIeme siècle, c'était une corde à fourrage que les dragons autrichiens portaient autour de l'épaule. Elle n'avait pas de ferrets. C'était une simple corde en chanvre avec de gros noeuds, de grosses tresses à ses extrémités, qu'on appelait raquettes.
Napoléon 1er adopta cette façon de faire en attribuant à cette corde, qui fut appelée "Fourragère", des couleurs différentes afin d'en doter les Hussards (jaune) et les artilleurs (rouge).
Cet attribut fut supprimé à la fin de la guerre de 1870.
Les fourragères, telles que nous les connaissons, ont été créées par décision ministérielle, en avril 1916. Elle devenaient un insigne de distinction honorifique permanent, accordé définitivement à une unité militaire. Elles étaient attribuées, de droit, à tous les militaires faisant partie de l'unité décorée (uniquement pendant la période d'affectation dans cette unité).
Les fourragères se portent attachées à la patte d'épaule, passant sous et sur leur bras gauche. Elles sont destinées à rappeler les actions d'éclats de certains régiments et unités formant corps, cités à l'ordre de l'Armée.
Elles sont tressées aux couleurs du ruban :
- de la Croix de Guerre, pour 2 ou 3 citations à l’Ordre de l'Armée.
- de la Médaille Militaire, pour 4 ou 5 citations à l'Ordre de l'Armée.
- de la Légion d'Honneur, pour 6, 7 ou 8 citations à l'Ordre de l'Armée.
La circulaire ministérielle d'avril 1916 prévoyait, également, les attributions suivantes :
- fourragère de la Légion d'Honneur, plus celle de la Croix de Guerre pour 9,10 ou 11 citations à l'Ordre de l'Armée.
- fourragère de la Légion d'Honneur, plus celle de la Médaille Militaire pour 12,13 ou 14 citations à l'Ordre de l'Armée.
Ces dernières n'ont jamais été attribuées.

LES PARTICULARITES (FERRETS ET COULANT) :

Le ferret :

Selon un texte du 21 avril 1916, le ferret de la fourragère est en métal uni dans la couleur des galons de grade.

Soit, doré ou argenté selon l'arme en référence des officiers et sous-officiers.

Une note du 18 septembre 1917 fait mention de cinq couleurs : doré, argenté, bleu, kaki et vert.

Ces trois dernières couleurs sont attribuées aux hommes de troupe selon leur habillement

.

Ces ferrets sont assez méconnus. Il semblerait que la durée d'existence se soit limitée à la guerre pour le port de la fourragère en tenue de campagne.

Les ferrets "teintés" par vernis et astiqués après l'Armistice ont repris leur couleur d'origine.

Le coulant :

Selon un additif du 25 juillet 1916, les officiers et hommes de troupe affectés dans un nouveau corps peuvent porter à titre individuel la fourragère attribuée dans l'ancien corps.

Un "coulant" placé au-dessus du ferret, portera le numéro en métal du corps d'origine.

Ce coulant est décrit (12 octobre 1916) en laiton de forme ovale et lisse (15 mm de haut, 11 mm de diamètre) avec des extrémités légèrement évasées et terminées en brides plates avec branches dentelées.

La partie lisse étant réservée à l'inscription en abrégé du corps d'origine (numéros et lettres).

FANTAISIES :

Certains officiers et sous-officiers dès l'origine arboraient des fourragères différentes des réglementaires pour diverses raisons:

Les réductions lors de tenues civiles :

Les anciens combattants (guerre 1914/1918) titulaires d'une fourragère à titre personnel ont pris accoutumance (textes officiels inexistants) d'adapter cette dernière en modèle réduit fixé à la barrette d'attache de la Croix de guerre.

Cette fourragère "modèle réduit" doit pouvoir répondre à une attestation délivrée par le chef de Corps.

En son centre, figure le numéro ou l'insigne réduit du corps au titre duquel le bénéfice leur en a été attribué.

CITATIONS :

Au titre de la Grande Guerre, près de 780 fourragères furent attribuées.

Soit environ, Légion d'Honneur et Croix de Guerre,
  1. ler régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM).
  2. régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE),
Légion d'Honneur,

Médaille Militaire,
129 unités de décorées.


Croix de Guerre, 600 unités de décorées.

B - Les Aiguillettes

Il faut bien savoir que les aiguillettes ne sont pas une décoration, mais une passementerie. elles servaient autrefois, et même jusqu'au début du XVIeme siècle, d'instruments d'attache des vêtements, des pièces d'équipements ou d'armures. Ce qui les caractérise (de la corde à fourrage), c'est le "ferret", enveloppe métallique de l'extrémité du cordon d'attache, sorte d'aiguille analogue aux aiguilles métalliques de lacets de chaussures.
il n'est pas niable que les aiguillettes ont pu, par la suite, rappeler le souvenir des cordes à fourrage et celles servant à lier les malfaiteur et à les pendre au besoin.
C'est de la que dérive l'anecdote suivante, si souvent racontée mais dont la source demeure totalement inconnue et qu'il est impossible de contrôler :
A la fin du XVIeme siècle, le duc d'Albe qui fut nommé par Philippe II d'Espagne gouverneur des Pays-Bas, ayant eu à se plaindre d'un corps de Flamands, aurait décidé que toutes les fautes commises à l'avenir par ce corps seraient punies de la corde. Les Flamands voulant prouver qu'ils n'avaient rien à redouter, n'hésitèrent pas à porter sur l'épaule une corde et un clou pour rendre plus facile l'exécution de l'ordre. Leur conduite devant l'ennemie fut si brillante que le duc d'Albe transforma la corde en passementerie et en fit une marque honorifique pour ce corps d'élite.
Une ordonnance du 7 juillet 1873 spécifiait, entre autres : les officiers de toutes armes employés près du Ministre de la guerre, de Maréchaux de France et des Officiers généraux, soit comme officiers d'ordonnance, continuent à porter l'uniforme et la coiffure des corps auxquels ils appartiennent - mais ils placent sur cette coiffure le plumet affecté aux aides de camp de ces officiers généraux.
Ils portent, en outre, l'aiguillette d'or ou d'argent suivant la couleur du métal des boutons de l'habillement.
Une circulaire ministérielle du 2 mai 1878 précisait : Les Officiers des diverses armes brevetés après deux années d'études à l'Ecole Militaire Supérieure et appelés à participer comme stagiaires aux travaux du Service d’Etat-major porteront l'aiguillette qui est la marque distinctive de l’Etat-major.
De nos jours, les aiguillettes sont réservées aux officiers d’Etat-major, aux Aides de Camp, aux Gardes Républicains et à la Gendarmerie Nationale.
Elles consistent en tresses de couleur, agrémentées chacune d'un gland de même couleur et terminées chacune par un ferret.
Couleurs et port des aiguillettes :

Officiers d’Etat-major
tresses, glands et ferret de la couleur des boutons de l'habillement. Se portent à l'épaule droite.

Aides de camp
couleurs et port identiques aux chefs d’Etat-major.

Gardes Républicaines
tresses et glands rouges, ferret d'argent pour les Gardes. Tresses, glands et ferret or pour les Officiers et gradés. Se portent à l'épaule droite.

Gendarmerie Nationale
Départementale : tresses et glands de soie blanche, ferret argent. Se portent à l'épaule gauche.
Mobile : tresses et glands de soie blanche, ferret de couleur or. Se portent à l'épaule gauche.

Police parisienne
La cordelière de soie rouge à 1 ferret portée par les policiers parisiens sur leur tenue de gala, n'est pas une fourragère.
En effet le drapeau des gardiens de la paix a été décoré de la légion d'Honneur en août 1944, mais le nombre de ses citations est insuffisant pour donner droit au port de la fourragère militaire.

Sources : Servir SOR n° 345 Avril Mai Juin 1998 p 26

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