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La tradition c'est  un «devoir de mémoire», l’affirmation d’une identité collective, des références de comportements individuels et collectifs.


Le bonnet de police ou calot
"Coiffure très ancienne puisque l'on admet qu'il apparaît chez les cavaliers Scythes au 4e siècle avant JC, le bonnet de police est issu des premières coiffures portées par les Dragons au début du 18e siècle. Il en conserve la dénomination "à la dragonne", c'est à dire à flamine tombante ou à soufflet. Porté d'abord dans la Cavalerie, c'est un bonnet pointu dont les bords sont retroussés, formant le bandeau d'où sort une longue pointe ou flamme pouvant atteindre 60 cm et terminé par un gland à franges. Il garde cette forme jusque sous la Restauration, vers 1830.

Les bonnets apparaissent très tôt également dans les vieilles Troupes de Marine puisqu'ils figurent sur les gravures du 18e siècle. Au milieu du 19e siècle, ils sont semblables aux modèles de l'Armée de Terre (modèle 1860 supprimé en 1868). Par la suite, le bonnet de police, coiffure de petite tenue, évolue rapidement vers le calot et la flamme n'est plus que simulée par un passepoil rouge. En effet, en 1897, l'Armée de Terre adopte un bonnet de police dit "de forme serbe" puisqu'il copie le modèle de l'armée serbe. En 1899, les Troupes de Marine adoptent à leur tour ce modèle moderne qui annonce le bonnet de police d'aujourd'hui.

Les bonnets de police réglementaire ou de fantaisie (calots) des Troupes de Marine ont été coupés dans un drap bleu marine sauf en 1914-1918 (drap bleu horizon) et avant 1939 (drap kaki imposé à toute l'Armée de terre, à l'exception des Chasseurs à Pied qui conserve le bleu foncé !). La forme à pointes, à la mode pendant la Grande Guerre, devient même réglementaire d'août 1918 à 1941.

Pour se distinguer des autres armes, les Coloniaux prirent l'habitude de "rentrer les pointes" de leur calot, jugées peu esthétiques sinon ridicules1, d'en "coudre les fesses" et de porter cette coiffure légèrement incurvée ! Les anciens appelaient cette manière de faire "pipoter son calot"2...

C'est précisément un calot de cette forme spécifique, taillé dans un satin bleu marine, qui fut adopté par les Marsouins du 1er Bataillon d'infanterie de Marine, avec l'aide de la communauté française de la ville (qui fournit la matière première) lorsque l'unité stationna au Caire, à l'été 1940. C'est ce même "calot bleu" du Caporal-Chef Pécro qui, à Nice, reçut la Croix de la Libération décernée par le Général de Gaulle au Bataillon d'Infanterie de Marine du Pacifique...

Sur le calot, on ne portait réglementairement que les marques de grade. En fait, le drap du calot colonial fut aussi orné du passepoil rouge et de l'ancre de marine. L'ancre de marine, que les vieux Marsouins appelaient "l'hameçon", était le plus souvent en métal, de couleur rouge pour la troupe avant la 2e Guerre Mondiale, doré par la suite. L'ancre a également été brodée ou, plus rarement, découpée dans de la feutrine. Le calot a parfois reçu aussi l'insigne du régiment, un écusson en losange, voire une patte de collet.

Le bonnet de police est porté jusqu'en 1961 Depuis cette date, le calot est remplacé par le béret mais il reste la coiffure des rassemblements "de tradition".


(1) "Notre bonnet de police, lorsqu'il tournait sur la tête, avec ses longues pointes, donnait à ceux qui le portaient l'air d'un demeuré ou encore celui du cancre relégué au fond de la salle avec son bonnet d'âne..." Roger Malfette, Compagnon de la Libération, in "trente calots bleus".

2 Aujourd'hui, les calots sont "pipotés" dès la confection !

L'Ancre d'Or n° 323, page 40, Juillet-Août 2001

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